Deuxième ville de Voïvodine par le nombre d’habitants (160 000), Subotica est à la fois un carrefour historique important et un haut lieu touristique. Peuplée de Serbes, de Hongrois, de Juifs et de multiples minorités comme les Bunjevci ou les Slovaques, Subotica est vraiment une ville multiconfessionnelle et multiethnique. Située à quelques kilomètres de la frontière hongroise, sur la grande route reliant l’Europe et l’Orient, cette ville devint un lieu mondain, une sorte de Saint-Moritz pannonien. A la fin du XIX° siècle, alors que la ville se transforme complètement, commencent à venir des Viennois et des Hongrois de Budapest, attirés par les parcs ombragés, les hôtels de charme et les lacs estivaux. Aujourd’hui, Subotica est au cœur d’une région qui offre de nombreux attraits touristiques.
Histoire
Cette ville aujourd’hui très peuplée et active fut pendant longtemps une bourgade provinciale. Dénommée « Szabadka » au Moyen-Age, elle fait partie du Sandžak de Szegedin sous l’occupation ottomane : il ne resta aucun vestige aujourd’hui de cette présence d’un siècle. En 1526, la Hongrie catholique reprend possession du site et, désormais appelée « Sveti Maija », la bourgade prend de l’importance au XVII° siècle grâce au commerce entre empire ottoman au sud et empire austro-hongrois vers le nord.
Subotica obtient le statut de ville libre en 1779 et elle est connue à l’époque sous le doux nom de « Marijaterezijapolis », la famille impériale autrichienne y venant goûter aux vertus des eaux thermales de Palić. Mais c’est à la fin du XIX° siècle, tout comme Budapest, que Subotica va connaître son essor et adopter la physionomie actuelle. Entre 1880 et 1914, un nouveau plan d’urbanisme aère la ville en lui donnant beaucoup d’espaces verts et les plus grands édifices culturels, politiques et religieux y sont construits. Au même moment apparaissent les élégantes résidences d’été des princes et les grands établissement hôteliers au bord du lac de Palić.
Sites touristiques
GRADSKA KUCA. En plein cœur de la ville, à la fois l’emblème et la fierté de ses habitants. Terminée en 1912, cette construction typiquement « sécession hongroise » frappe par ses dimensions et ses couleurs rouge et blanche si vives. Haute de 76 mètres et formant un carré de 105 sur 55 mètres, la mairie est visible de toutes les entrées de la ville. Il a fallu pour bien l’asseoir renforcer le sol sablonneux par des troncs d’arbre et mettre, ce qui ne s’était jamais encore vu, une dalle en béton sous la tour principale. L’intérieur est très révélateur de la vie locale. En entrant, des motifs de la vie quotidienne en Voïvodine. Au premier étage, une salle au mobilier massif hongrois, avec des ornements folkloriques. Les vitraux de style baroque que l’on voit aujourd’hui avaient été cachés pendant quarante ans, honorant trop l’histoire hongroise. Ils représentent , autour de la personne de François-Joseph, des hommes illlustres de l’histoire hongroise, comme le poète Rakoci ou le héros national Kossuth.
LIKOVNI SUSRET. Dans le parc Lénine, un édifice à la Gaudi, tout à fait étonnant. On est frappé par ces balcons en alcôve, ou encore des toits épousant la forme des vagues et surtout les couleurs pour le moins délirantes, allant du bleu azur au violet en passant par l’orange ! Construit en 1904 dans un style Art nouveau, il reste un exemple d’innovation et de pari audacieux en matière architecturale.
PALIĆKI TORANJ ((Palić). Ce château d’eau à la forme oblongue reste un symbole étonnant de cette ville d’eau. Près des grands hôtels et à l’entrée du parc de Palić, cette épée hérissée sur la plaine de Voïvodine en 1912 marque encore les esprits.
LIEUX DE CULTE
CATHEDRALE SAINTE THERESE, Trg Žrtava Fašizma 19. Cette grande cathédrale baroque, connue en ville sous le nom de « Grande Eglise », a été érigée en l’honneur du saint protecteur de Subotica, Sainte Thérèse d’Avila. Longue de 61 mètres, large de 26 et haute de 18, la cathédrale fut bâtie à la fin du XVII° siècle par l’architecte de Budapest Franz Kaufmann. Les tableaux sont de Josef Schoefft et les décorations murales du maître zagrebois Johannes Clausen . Mais les vitraux datent du XIX° siècle.
EGLISE ORTHODOXE SAINT DIMITRI,, Beogradski Put (Aleksandrovu). Un peu excentrée, cette église est intéressante à deux titres. Construite en 1818 et rénovée en 1994, cette église obéit aux canons de l’art baroque flamboyant, avec profusion d’or et beaucoup de décoration empruntant à la nature. Par ailleurs, l’iconostase de 1776 est un exemple unique de l’art baroque serbe, qui se développa de ce côté-ci du Danube : couleurs chatoyantes pour illustrer les saints, enluminures dorées et travail sur bois.
SYNAGOGUE,, Dimitrije Tucovića13. Ce bâtiment aux formes arrondies et aux couleurs étonnantes- rose saumon et jaune ôcre- vaut le détour. Construit en 1902 par Marcel Komora, collaborateur d’Eden Lehner, lequel créa la variante hongroise du style sécession, cet édifice en forme de gâteau géant est porteur de plusieurs innovations. On avait rarement construit une synaguogue aussi haute ; l’utilisation des coupoles est aussi une nouveauté. Ce à quoi il faut rajouter des fenêtres en forme de coquilles d’huîtres et des toits mélangeant style oriental et autrichien, on aura compris la particularité et l’intérêt de ce bâtiment !



















