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Le sport yougoslave a toujours été au plus haut niveau, et la Serbie a repris le flambeau ces dernières années. Le sport est à l’école très important, et il n’y à qu’à voir la pugnacité et l’esprit combatif des plus jeunes lors d’un match de football le dimanche. La réussite du sport en Serbie-Monténégro repose sur trois facteurs. D’abord, des fédérations sportives qui recrutent au niveau scolaire à un âge précoce et qui offrent une véritable formation aux plus jeunes. Ensuite, de grands entraîneurs dans tous les domaines. On se souvient du fabuleux gardien de Saint-Etienne, le Serbe de Mostar Čurković lequel a dirigé longtemps l’équiupe nationale de football et est aujourd’hui membre du Comité International Olympique ; mais citons aussi le pétulant Božidar Marković entraîneur de Limoges puis de l’équipe nationale de basket.

Enfin, le sport fait véritablement partie de la culture nationale. Il n’est qu’à voir les attroupements autour des joueurs d’échec dans le parc belgradois du Kalemegdan. Plus frappant encore, et qui explique la réussite sportive, est l’occupation de 6 heures du matin à 23 heures sans discontinuer des grandes salles des clubs de basket !

L’interdiction de participer aux compétitions internationales de 1992 à 1994, et un relatif appauvrissement ont vidé le championnat national de leurs meilleurs éléments partis jouer en Europe de l’ouest (footballeurs en Espagne) ou aux Etats-Unis (basketteurs comme Divac ou Stojaković). Cet isolement international a aussi coupé dans son élan l’ascension de l’équipe nationale de basket (voir encadré). Mais depuis le milieu des années 1990, les résultats sont de plus en plus prometteurs, notamment dans les sports collectifs.

Les sports collectifs

Les Serbo-Monténégrins sont passés maîtres dans l’art de la passe et ont développé un esprit de gagneur. Mais attention, pas question d’individualisme et l’ « âme slave » ne se réalise qu’à travers la collectivité ! Il suffit d’analyser les résultats des derniers Jeux Olympiques pour s’en rendre compte. L’équipe messieurs de volley-ball a décroché l’or à Sydney après une 3°place à Atlanta, l’équipe de water-polo a obtenu trois médailles d’or entre 1968 et 1988. Le football n’est pas en reste, avec l’Etoile rouge de Belgrade qui s’arroge en 1991 le titre de champion d’Europe en battant un certain….Marseille !

Les structures fédérales s’appuient, pour détecter de nouveaux talents et les amener au plus haut niveau, sur des clubs omnisports très bien organisés. Les deux plus grands du pays sontl’Etoile rouge et le Partizan, situés à Belgrade depuis 1945 et se vouant une rivalité sans faille et éternelle. L’Etoile rouge est le club du défunt parti communiste et rassemble les petites et moyennes gens, partout dans le pays ; le Partizan, créé et soutenu par l’armée, est plus « élitiste ». Or, tous deux possèdent, dans plusieurs quartiers de la capitale, des infrastructures et des équipes d’encadrement pléthoriques et toujours renouvelées. Ces clubs fédèrent d’autres groupes et associations sportives de quartiers ou scolaires. Le résultat est qu’un adolescent scolarisé normalement mais s’étant engagé dans une de ces structures peut, à partir de 14 ans, signer un contrat professionnel et s’entraîner tous les jours de la semaine, doublant même ces entraînements lors des vacances scolaires !

Les grands joueurs

Les grands joueurs

Dans ce contexte favorable au sport, il n’est pas surprenant de rencontrer une forte densité de sportifs de haut niveau au mètre carré. Le tennis féminin en est un bon exemple, avec notamment la carrière de Monika Seleš..Née à Novi Sad en 1973, Seleš gagne à 16 ans le tournoi de Roland-Garros et devient en 1991 la plus jeune joueuse à atteindre la place de n°1 mondial. Elle a remporté depuis tous les tournois du Grand Chelem sauf Wimbledon. Elle restera dans l’histoire comme l’exemple d’une joueuse opiniâtre et travailleuse : le coup de couteau qu’elle reçoit en plein match en 1993 ne l’a pas empêché de reprendre la compétition un an plus tard et de gagner plus de quarante titres .

Le football a été marqué dans les années 1990 par la formidable vision du jeu du serbe Dragan Stojković surnommé Piksi en référence à un personnage de dessin animé- ou les dribbles chaloupés du monténégrin PredragMijatović. Cette génération s’est éteinte sans grand collectif mais quelques individualités lui succédant, comme le jeune parisien Ljuboja.

Mais c’est le basket-ball qui a marqué le monde entier par des individualités hors du commun Vlade Divac a joué sept ans dans l’équipe mythique des « Lakers » aux côtés de Magic Johnson et c’est lui qui a porté littéralement l’équipe de Serbie-Monténégro à cette victoire historique contre la « Dream Team » américaine aux championnats du monde de 2002. Ses acolytes durant cette décennie glorieuse ( voir encadré) avaient pour nom Dejan Bodiroga dit « le Dieu » tant ses actions étaient inspirées- ou le géant Željko Rebraća.Mais aujourd’hu Predrag Stojakovićen promet des vertes et des pas mûres à ses adversaires. A 26 ans, ce Belgradois jouant aux « Sacramento Kings » est le meilleur tireur au panier du championnat américain, ce qui amène ce compliment de la part de Larry Bird, une légende du basket US : « Quand Pedja a la balle, on a l’impression qu’elle va rentrer à chaque fois ! ».