Seize monastères orthodoxes sont réunis sur un espace de 40 km de long, autant dire qu’il y a une offre culturelle impressionnante. Mêlant style byzantin et architecture baroque,cet ensemble de monastères très connu en Serbie vaut le déplacement à la fois pour la richesse des églises, le cadre apaisant et verdoyant de leur emplacement et l’accueil des popes. Il est de tradition ici d’accueillir l’étranger avec la plus grande déférence, et tel pope n’hésitera pas, après une brève discussion, de vous inviter à table pour goûter un verre de šljivovitz du cru.
Les monastères ont été tous construitsentre le XVe et le XVIe siècle dans ce massif montagneux à l’abri des exactions par des moines serbes y ayant trouvé refuge face aux Turcs. Les plus connus sontGrgeteg, Hopovo, Jazak, Krušedol et Velika Remeta.. A cette époque, le Srem appartenait aux rois de Hongrie qui cédèrent à Stefan Lazarević puis à Djurdje Branković plusieurs places fortes. Vers le milieu du XVe siècle, le despote Brankovic reçut du pape Nicolas V l’autorisation de fonder neuf monastères dans la province du Srem : cela marqua le début de l’essor des monastères de Fruska Gora.
KRUŠEDOL
Fondé au début du XVIe sièclepar le prince Djurdje, le monastère de Krušedol devint au XVIe siècle le siège de l’évêché du Srem. Il est connu pour sa crypte où sont inhumés des membres de la famille Branković ainsi que le roi Milan Obrenović (mort en 1901). Le bâtiment fut incendié par les Turcs en 1716 après la défaite de Petrovaradin, mais il a gardé sa structure d’origine.
Par son plan et son architecture, l’église se rattache au groupedes sanctuaires de la Morava.Elle s’élève donc sur un plan à trois absides rayonnantes couvertes par des demies-coupoles. Après l’incendie de 1716, les peintures furent recouvertes par une couche de peinture à l’huile exécutées entre 1751 et 1756, où se manifeste l’influence de la peinture russe et baroque occidentale. Vous pourrez observer, dans le narthex, une procession des rois serbes en bas et des scènes du Nouveau testament en haut. Mais c’est surtout la nef qui est impressionnante, avec des scènes de la vie du Christ et de la Passion - observez le Christ Pantocrator représenté sur la calotte du dôme.
HOPOVO
Appartenant aussi au groupe architectural de laMorava ,ce monastère se remarque par son ampleur et son emplacement. Enfoncé dans une étroite cuvette et entouré de massifs forestiers, Hopovo inspire le respect et la sérénité. Egalement endommagé par les Turcs aux XVIe et XVIIe siècles, Hopovo se détache par ses liens étroits entretenus avec des moines de Russie. Ainsi, les reliques de Téodor Tiron, moine russe du IVème siècle, ou celles de Saint Anastase de Constantinople, sont conservées dans des coffres en bois incrusté. De 1920 à 1943, le monastère a également hébergé beaucoup de monesses russes ayant fui la Révolution d’Octobre : à l’entrée de l’église se trouve le cercueil de la mère Catherine, une proche de la famille des Romanov. Mais en 1941, les oustachis ont brûlé 42 des 61 icônes et emporté tous les objets liturgiques de valeur.
Outre un plan classique en croix, l’église du monastère est intéressante pour ses peintures murales.. Les fresques du naos furent exécutées par des artistes qui ont probablement séjourné au Mont Athos, ce qui explique des compositions analogues à la Grande Lavra en Crète. Sur le narthex, plusieurs scènes de la vie du Christ mais aussi des représentations de saints guerriers, de hiérarques et d’ermites.
















