Tourisme en Serbie
3
Octobre
2008

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Niš


Sa situation au carrefour des grandes routes reliant la Serbie avec les Balkans orientaux ont donné à cette métropole le nom de « Porte entre l’Orient et l’Occident ». Avec 250 000 habitants, Niš est une ville industrielle et universitaire importante où la présence française est depuis longtemps active. Lamartine y séjourna en 1823 et en ramena des fragments de chants populaires serbes, l’Armée française d’Orient y fut accueillie en libératrice en 1918. Cette longue tradition de liens avec la France explique la présence d’un centre culturel français et de plusieurs associations maintenant des contacts culturels avec la France. L’histoire a marqué fortement cette ville et laissé des traces indélébiles. L’empereur Constantin y est né et résidé à plusieurs reprises, ce qui nous vaut un site romain complet, Medijana. Au cœur de la ville, les Turcs ont marqué leur empreinte avec cette forteresse qui domine la rivière Nišava et surtout avec la fameuse « Tour aux crânes » scellant la défaite serbe face aux ottomans en 1809.

Cette métropole reliée directement à Belgrade par un autoroute moderne a su développer une activité prolifique. Elle bénéficie de sa situation de carrefour balkanique : Niš est en effet une étape indispensable pour tout le trafic venant d’Europe centrale et aboutissant en Grèce ou en Turquie. Les nombreuses galeries et musées attestent de la vitalité de sa vie culturelle, et l’intense fourmillement au centre-ville dénote la situation de carrefour de la ville. Industrie métallurgique et manufacturière sont le poumon économique de la ville.

Histoire

Par son emplacement à la croisée des chemins de l’Europe du Sud-est, Niš a été très tôt habitée par une population sédentaire, puis convoitée et occupée par de nombreuses puissances. Un certain nombre de sites archéologiques situés aux alentours de la ville -Hum, Bubanj, Kamenica- attestent depuis le néolithique de l’occupation de cette cuvette enchassée entre de petites collines. Au confluent des rivières Morava et Nišava, le site sera occupé par des vagues successives de peuples. Au III° siècle avant notre ère, les Celtes lui donnent le nom de « Naïssus » ou « ville des fées », car la légende disait que des fées s’y étaient couchées dans la rivière. Naissus devient ensuite un fort romain sur la route de Byzance et sous ses murs l’empereur Claude II y vainquit les Goths en 269. Constantin le Grand y naquit en 274 et, sous son règne (306-337), la ville devient un centre administratif important. L’empereur romain construit sa résidence d’été, Medijana, où il séjournait entre deux campagnes contre les Germains. Par ailleurs, on découvrit les restes de tombes et d’une basilique chrétiennes datant des III° et IV° siècles, ce qui dénote d’un essor précoce du christianisme dans cette partie de l’empire romain. Les Huns parviennent à prendre la ville en 414 et à la détruire, mais la romanité s’y maintiendra jusqu’au VI° siècle, sous le règne de Justinien. Celui-ci relève la ville de ses ruines et lui donne le nom de « Naissopolis ».

La dynastie serbe des Nemanjić développe la ville à partir de sa domination par Stefan Nemanja, le père de Saint-Sava, en 1183. Pendant deux siècles, Niš est la ville la plus peuplée de l’empire serbe et, de par sa position stratégique, connaît un essor commercial. Mais les Turcs s’en emparent en 1386 et contrôlent la ville jusqu’en 1877. Ils y installent une forteresse en 1723 à cause du danger autrichien. Mais surtout, le sultan ottoman réussira à réprimer le I°soulèvement à la bataille de Čegra en 1809. Entre 1877 et 1914, Niš devient la résidence des rois Milan et Alexandre Obrenović et le lycée, les banques ou la gare ferroviaire s’y développent. La Première Guerre mondiale éclate et jusqu’à la défaite en octobre 1915, Niš est le siège du gouvernement, de l’assemblée et le QG du haut Etat-major. Les Autrichiens confient aux Bulgares le contrôle de la ville et ceux-ci vont procéder à l’élimination systématique de la bourgeoisie locale et, dans les villages alentour, commencer à bulgariser les noms. On comprend dans ce contexte le formidable accueil offert aux armées française et serbe alliées lorsque le général Tranié libère la ville le 12 octobre 1918.  Niš a aussi beaucoup souffert pendant la Seconde guerre mondiale. En 1942, les bombardements quotidiens et l’ouverture d’un camp de concentration par les Allemands font plusieurs dizaines de milliers de morts parmi les civils. En 1944, la ville est aussi touchée par les bombardements américains. Quand ceux-ci reprennent malheureusement en 1999, ce n’est donc qu’un triste retour de l’histoire !

Sites touristiques

FORTERESSE. Sur la rive droite de la Nišava et dominant la ville, la forteresse turque construite entre 1719 et 1723 à l’emplacement d’un ancien castrum romain puis un fort byzantin. Ce polygone s’étendait sur 22 hectares et était défendu par quatre portes et trois bastions. On visite aujourd’hui les portes méridionale -Istambul- et occidentale-Belgrade- ainsi que de nombreux vestiges à l’intérieur. L’ensemble constitue le plus important fort médiéval de toute la Serbie-Monténégro, après Kalemegdan à Belgrade.
A côté de la porte d’Istambul se trouve l’ancien arsenal datant de 1857 ; il fut construit par le sultan Abdul-Madžid à la fin de la guerre de Crimée, et servait d’entrepôt aux armes et munitions de l’armée turque. On trouve aussi à l’intérieur de la forteresse le plus ancien monument ottoman, un hammam érigé en 1498. Enfin, la mosquée Bali-Beg datant de 1521, avec une bibliothèque construite à la même époque. Rénovée dans les années 1970, elle sert aujourd’hui de lieu d’exposition à la galerie « Salon 77 », où sont exposés les tableaux de Ljiljana Kostadinović. A côté de ces monuments ottomans, il y a dans la forteresse des vestiges de thermes et de villas romaines, ainsi que le monument aux libérateurs de Niš érigé en 1878.

MEDIJANA. Site archéologique sur la route vers Niška Banja qui témoigne de l’éclat de la Naissus romaine. Cette résidence d’été de l’empereur Constantin, né en 274 ici même, n’est plus aujourd’hui en très bon état, mais a laissé quelques vestiges intéressants. Quelques fragments du péristyle du palais de Constantin, des mosaïques au sol de quelques villas, un baptistère et des thermes sont ainsi préservés dans leur splendeur d’origine. Le musée attenant contient quelques objets de valeur, avec notamment une collection de 16 statuettes qui, bien que partiellement abîmées, restent des représentations fidèles de divinités romaines, comme Asclépion, Dionysos ou Heraclée.
Visite : Bulevar Cara Konstantina bb, tel : 550-433. Ouvert du 1° avril au 31 octobre, mardi à samedi 9h-16h, dimanche 10h-14h.

TOUR AUX CRÂNES. Le monument emblématique de la ville, unique au monde. Le 31 mai 1809, le vojvode Stevan Sinđelić, à la tête de 3000 soldats serbes, perd une bataille capitale face à 10 000 Turcs. Alors que partout ailleurs en Serbie les soulèvements contre les Ottomans voient les autochtones libérer leur pays, Niš prolongera sa captivité de 68 ans. En guise d’exemple, le sultan donne l’ordre à ses lieutenants sur le champ de bataille de lui ramener à Istambul les faces des commandants serbes ; sur place, 952 crânes sont empilés et ostensiblement réunis en étages, formant une tour de plusieurs mètres de hauteur. Dans l’histoire serbe, le vojvode Sinđelić deviendra un héros de la résistance aux Turcs et le site de la Čegra, sur lequel s’est déroulée la bataille, sera sacralisé comme monument historique en 1983. Lamartine lors de son voyage en 1824 apposera au bas de la Tour aux Crânes une plaque en l’honneur des combattants morts pour leur patrie, où l’on peut lire : « Que les Serbes puissent préserver ce monument ! Il apprendra aux enfants dans les temps futurs quel fut le prix de la liberté pour leurs ancêtres et servira comme d’un constant rappel à la valeur de ce combat».
Visite :Kralja Petra prvog bb (en revenant de Medijana vers le centre), tel : 322 288. Ouvert du lundi au samedi de 9h à 16h, le dimanche de 10h à 14h.

CAMP DE CONCENTRATION « CROIX ROUGE ». Un des rares camps de concentration nazi maintenu en l’état. Il témoigne d’une façon authentique des souffrances des citoyens de Niš et de toute la Serbie méridionale pendant la Seconde guerre mondiale. Tout y est, comme si le temps s’était arrêté en 1944 : les bâtiments gris et rectangulaires où étaient entassés les civils, les miradors et guérites de surveillance, enfin les fils de fer barbelés intacts. Au cours de la guerre, plus de 30 000 personnes sont passées par ce camp, desquelles 10 000 ont été fusillées sur la colline de Bubanj. Au début, le camp était destiné à enfermer, interroger et torturer les ennemis du régime : communistes, otages et Juifs. Le 12 février 1942, une révolte éclate et plus d’une centaine de prisonniers arrivent à s’enfuir. Mais la répression sera féroce : les quarante restants seront dépecés avec une bestialité rarement vue jusque là, puis le camp « Croix Rouge »deviendra un camp de la mort.

Sur la colline de Bubanj, une sculpture monumentale représentant trois énormes poings fermés honore l’âme des 10 000 fusillés sur place après avoir connu les geôles de la « Croix Rouge ».

Visite : Bulevar 12 februar bb (derrière la forteresse), tel : 351 477. Ouvert du lundi au vendredi 9h-16h, le samedi 10h-15h.

 

 

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Savez-vous que ...


... le tombeau d'Atilla de Hun est situé sur la confluence des rivières Tisza et Danube?

... Constantin le Grand, premier grand empereur de la Byzance et fondateur de la ville de Constantinople était né à Nis (Naissus)?
 
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