Tourisme en Serbie
2
Juillet
2008

Guides touristiques sur Serbie & Belgrade - EN VENTE

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Tourisme en Serbie - Visitez la Serbie et jetez un nouveau regard sur votre ancien voisinage

Littérature

Miloš Crnjanski (1893-1977)

Le romancier le plus prolifique et le plus important de la littérature serbe du XX° siècle. Sa jeunesse mouvementée lui donnera le goût de la narration et l’intérêt pour la chose historique.

Né en Voïvodine austro-hongroise dans une famille serbe de clercs de notaires, il va être envoyé à Vienne pour ses études secondaires. Or en 1914, il est mobilisé de force dans l’armée autrichienne, mais très vite il est frappé par le choléra. En 1920, Crnjanski entreprendre des études à Paris, où il rencontrera Ivo Andrić. Sa carrière littéraire commence par des recueils de poèmes : « Lirike Itake » en 1918 et « Lettres de Paris » trois ans plus tard. Mais c’est la prose épique qu’il développera le plus. Dès 1921, le « Journal des Čarnojević » qui suit cette famille serbe à travers plusieurs générations, le fait connaître en Yougoslavie.

En 1930, son œuvre la plus accomplie, «Migrations», l’amène au rang d’écrivain mondial : à travers la description romancée des migrations serbes au XVII° siècle, Crnjanski se penche sur une des périodes clés de l’histoire serbe. Il accentuera cette veine romanesque dans le « Livre sur l’Allemagne » et le « Roman de Londres ». Dans la veine des grands romanciers russes, Crnjanski raconte à travers des dizaines de personnages et grâce à une imagination visuelle sans cesse sur la brèche, à chaque fois une histoire tragique dans un contexte historique. Dans le « Roman de Londres », un aristocrate russe pense trouver dans l’Angleterre de l’après-guerre une civilisation raffinée ; il aura au contraire l’exemple d’un monde décadent.

Miloš Crnjanski a aussi contribué à l’essor de la poésie serbe, mais toujours avec un attachement pour l’histoire. Sa biographie sur « Sveti Sava », le premier moine écrivain est de ce point de vue exemplaire : écrite en vers, elle présente sous forme épique la vie et la pensée du grand saint serbe. Avec le génie qui lui est propre, Crnjanski sait dégager les archétypes de l’histoire et des comportements humains. Ses romans historiques sont traduits en français.

 

Ivo Andrić (1892-1975)

C’est l’écrivain de langue serbe le plus connu. Né à Travnik, il grandit à Višegrad dont il rendra célèbre le pont. Après avoir étudié à Vienne, il est fait prisonnier en 1914 en tant que révolutionnaire et devient éditeur en 1918 à Belgrade. Il forme un cercle littéraire avec des gens comme Crnjanski ou Miličić : ce petit groupe prend ses habitudes à l’hôtel Moskva. Mais très vite il se fait remarquer pour ses capacités intellectuelles et devient vice-consul dans plusieurs capitales européennes : sa carrière diplomatique atteint son apogée avec un poste d’envoyé spécial et de ministre plénipotentiaire à Berlin de 1939 à 1941. Mais lorsque les Allemands bombardent Belgrade le 7 avril 1941, non seulement il refuse un poste confortable en Suisse, mais il court se réfugier dans la capitale yougoslave, chez son ami Milenković. Dans sa petite chambre, il va écrire ses romans les plus célèbres : « La chronique de Travnik » d’abord, et « Le pont sur la Drina » en 1944. En 1961, il reçoit le prix Nobel de littérature pour ce dernier roman. Il restera à Belgrade après la guerre et deviendra un membre éminent de l’Union des écrivains.

Dans ses deux romans, Andrić nous plonge admirablement dans le milieu et les péripéties d’un petit village de Bosnie. A chaque fois, son art romanesque réussit à nous montrer les liens qui existaient au tournant du siècle entre catholiques, orthodoxes et musulmans, bien plus que leurs différences culturelles. Ces liens étaient un mode de vie commun et un esprit de voisinage et une proximité qui faisaient que malgré les dissensions, on arrivait toujours par se comprendre. Plus intéressant pour nous est la « Chronique de Travnik »qui se déroule entre 1806 et 1814 en Bosnie centrale au moment où Napoléon , à partir des Provinces illyriennes, tente d’agrandir la zone d’influence française. On y voit deux consuls, le français et l’autrichien, attendre à Travnik la réalisation de leurs rêves aux confins de l’Europe. Mais l’immobilité de l’Orient, la mentalité des différentes ethnies contradictoires mais unies contre l’étranger noient leurs élans civilisateurs. Roman prémonitoire, la « Chronique de Travnik » montrait déjà, dans cette région du monde, les difficultés d’un règlement international non négocié.

Andrić est aussi un admirable créateur de nouvelles, parmi lesquelles on peut lire en français l’admirable « Au temps d’Anika » et « la Soif ».

Consultez le site Web www.ivoandric.org.yu

 

Les auteurs contemporains

Danilo Kiš (1935-1989)

L’auteur de Serbie le plus connu en France. Lecteur de serbo-croate dans plusieurs universités françaises, Danilo Kiš était installé à Paris depuis 1979 et avait été nommé chevalier des Arts et des Lettres.

Danilo Kiš est né à Subotica, dans le nord de la Voïvodine, d’un père juif et d’une mère monténégrine. Mais très vite ses parents s’installent à Novi Sad. Les massacres des Juifs et des Serbes par l’armée hongroise feront fuir la famille en Hongrie et son père mourra à Auschwitz. Ces évènements expliquent à la fois sa faculté à utiliser les sonorités du serbo-croate et des langues de Voïvodine, mais aussi l’exceptionnelle sensibilité stylistique qui se dégage de ses œuvres.

Ses premières traductions et poésies seront réalisées au Monténégro dans les années d’après-guerre, et ses essais et nouvelles à Belgrade dans les années cinquante.

Mais sa carrière prend son envol lorsque Kiš s’installe à Strasbourg en 1962, où il devient lecteur à l’université . Tout en poursuivant la traduction des grands auteurs français et russes, Danilo Kiš montre l’éventail de ses talents. Par une collaboration avec l’ « Atelier 212 » de Belgrade, il s’essaie à la dramaturgie théâtrale. Mais surtout, il publie en 1965, son premier roman « Jardin, Cendre », qui n’attendra que six ans pour être traduit en français. « Jardin, cendre » est le roman qui a imprimé la marque « Kiš ». Dans un style très personnel, le narrateur raconte son enfance en Yougoslavie et en Hongrie pendant la guerre à travers le personnage d’Edouard Sam, doux illuminé qui passe son temps à écrire une encyclopédie faite de rêves bien plus que de connaissances précises.

Danilo Kiš créera un style léger et imaginatif, qu’il approfondira dans des romans toujours plus énigmatiques. Les plus connus sont « Chagrins précoces » (1969), « Le Sablier » (1972) et « Un tombeau pour Boris Davidović » (1976). Ces années le voient poursuivre son œuvre théâtrale et sa fonction de lecteur à Bordeaux puis à Lille.

Récompensé par les plus grands prix littéraires dans son pays (NIN,Ivo Andric) et en France (Grand Aigle d’Or de la ville de Nice), Danilo Kiš restera comme l’ écrivain qui a le plus contribué à tisser un lien culturel entre la Yougoslavie et la France. Il est l’auteur yougoslave le plus traduit en France.


Milorad Pavić ( né en 1929)

Ce petit monsieur à binocles et au regard malicieux a surpris le monde littéraire à la sortie de ce qui restera comme un des romans les plus vendus dans le monde, le fameux « Dictionnaire Khazar ». Publié et traduit dans 80 langues, cet auteur prolifique est né et a toujours vécu à Belgrade. Il a été nominé pour le prix Nobel de littérature en 2002.

A la fois romancier, conteur et scénariste d’art dramatique, Pavić est connu dans son pays comme un formidable manieur de la langue et des images littéraires. Mais c’est tout d’abord un grand expert de la littérature serbe. Professeur à l’université de philologie de Belgrade , Milorad Pavić est reconnu comme le plus grand connaisseur de la littérature serbe des XVIII° et XIX° siècles -spécialisé dans les courants baroque et symboliste-, mais aussi comme traducteur de Pouchkine et de Byron. Il donne régulièrement des conférences aux universités de la Sorbonne, Vienne et Fribourg. Depuis 1991, il est membre de l’Académie Serbe des Sciences et des Lettres, mais il se garde bien de toute appartenance à un courant politique.

Son premier livre publié en 1991 à Belgrade, « Palimpestes », est en effet un recueil de poésie, et sera suivi, trois ans plus tard, d'une monumentale « Histoire de la littérature serbe à l’âge du baroque ».. Depuis lors, Milorad Pavić alterne avec bonheur recueils poétiques, études littéraires, études historiques, nouvelles et romans.

C'est en 1988, avec le surprenant « Dictionnaire Khazar », roman-lexique en 100 000 mots, qu'il est publié pour la première fois en France, aux éditions Belfond (l'édition originale du livre date de 1984). On trouve, dès ce « Dictionnaire Khazar », tout ce qui fera dorénavant la particularité de l’œuvre romanesque de Pavić, et qu'on retrouvera dans chacun de ses livres, de « Paysage peint avec du thé » à « L'envers du vent » et « Le dernier amour à Constantinople ».

Les Khazars sont un peuple du Caucase qui, encore au VIII° siècle, n’ a pas adopté de religion. A travers l’histoire de ce peuple disparu un siècle plus tard, Pavić nous invite à réfléchir aux mythes et aux religions. Tour à tour musulmans, orthodoxes ou juifs, ces Khazars sont en fait l’occasion pour Pavić de démontrer, à la façon d’un Umberto Ecco, les passerelles entre l’imaginaire et la réalité ; c’est aussi une somme d’érudition sur l’histoire des civilisations, écrite dans un style très alerte.

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Savez-vous que ...


... le tombeau d'Atilla de Hun est situé sur la confluence des rivières Tisza et Danube?

... Constantin le Grand, premier grand empereur de la Byzance et fondateur de la ville de Constantinople était né à Nis (Naissus)?